Depuis son lancement en 1998 au Mexique, Copa Coca-Cola s'est élargi au monde entier. Le programme d'activité physique de longue durée donne aux équipes de garçons et de filles âgés de 13 à 15 ans l'opportunité de participer à des tournois au niveau local et national. Les compétitions nationales se terminent par un championnat international similaire à la Coupe du monde chaque été.

Copa Coca-Cola a touché 125 000 adolescents dans plus de 10 pays d'Afrique subsaharienne. Au Burundi, un étudiant de 20 ans se souvient du jour où le programme a changé sa vie. Voici son histoire:

Je m'appelle Emery Nduwimana. Ma mère est morte quand j'avais quatre ans et je suis allé vivre avec mon père. Papa me maltraitait, j’ai alors fugué et suis allé chez mon oncle qui m'a scolarisé. Après un certain temps et face à de nombreuses difficultés, j’ai fui le village pour la ville et je suis devenu un enfant de la rue pendant deux mois. La rue était difficile.

J'avais souvent faim et je me promenais à la recherche de nourriture. Un jour, j'ai vu un homme arrêté devant un orphelinat d’enfants. Au début, je ne savais pas ce qui se passait de l'autre côté du portail. Tout ce que j'avais vu quand j'y ai jeté un coup d’œil était le nombre d'enfants qui jouaient dans le complexe. J'ai demandé à l'homme quel était cet endroit, et il m'a répondu que c'était une maison pour enfants. Il m'a demandé si j'étais orphelin, et je lui ai répondu oui. Ensuite, il m'a dit que si je voulais me joindre aux enfants, je devais lui payer de l'argent. Tout ce que j'avais dans mes poches en lambeaux était 300 francs burundais (20 dollars), que l'homme a acceptés. Il m'a emmené à l'orphelinat et m'a présenté à l'un des gardiens qui m'a posé des questions. Je me souviens avoir menti sur la province dont je suis originaire. Je ne voulais pas qu'il me ramène à la maison. Le gardien m'a dit que les enfants dans cette maison étaient indisciplinés mais je m'étais bien comporté. C'est pourquoi ils m'ont accepté.

J’y suis resté pendant un an. Pendant que j'y étais, le frère de ma mère a appris que j'avais quitté ma famille paternelle. Il s’est donc mis à me chercher. Après m’avoir cherché pendant de nombreux jours, et dans ce qui semblait être un coup de providence divine, mon oncle gara son taxi à l'extérieur de la maison des enfants où j’étais. Il demandait à tous ceux qu’il rencontrait s’ils me connaissaient. L'une des personnes à qui il a parlé était un enfant de la maison qui plus tard m'a présenté à mon oncle. Je n'avais aucune idée de qui il était.

Mais les liens de sang sont plus forts que tout. Mon oncle m'a reconnu et lorsque que nous avons commencé à échanger, mes souvenirs ont commencé à me revenir. Il a demandé à la maison de me libérer afin que je puisse aménager chez lui. Le gardien m'a demandé ce que j’en pensais. Je lui ai répondu que je voulais aller vivre dans une famille.

À l'âge de huit ans, j'ai quitté la maison, je vis avec mon oncle, ma tante et deux cousins depuis ces 12 dernières années. Mon oncle m’a donné tout ce dont j'avais besoin: la nourriture, l'abri, des vêtements, l'éducation et l'amour vrai de la famille. 

Malgré les difficultés dans ma vie, la seule chose qui me tenait à cœur était mon amour pour le football. Mon oncle s’est rendu compte de mon intérêt pour le football mais il ne voulait pas que je joue quand bien même je faisais partie de l'équipe scolaire. Il a insisté pour que je me consacre exclusivement à mes études afin que je puisse avoir un avenir meilleur.

En 2010, l'année où la Coupe du monde de la FIFA a été organisée en Afrique, mon oncle a appris que la Copa Coca-Cola était en ville et qu'elle allait organiser un camp international en Afrique du Sud juste avant les matchs du football mondial. Je voulais en faire partie. Etre une vedette de football de Copa Coca-Cola était un rêve pour moi. J'ai prié beaucoup pour être sélectionné. Mon oncle m'a aussi aidé à prier. Quand Coca-Cola est venu recruter, j'étais là et ils m'ont choisi.

Je pense que les gens ont raison de dire que rien ne peut arrêter quelqu'un de déterminé. Mon oncle a finalement accepté et a commencé à m'emmener au football. L'équipe de mon école est arrivée en finale, et il était présent lors du match de clôture au lorsque j'ai été désigné comme le meilleur buteur du tournoi. Je ne l'ai pas vu, mais mon ami a dit qu'il avait vu mon oncle pleurer. Il était tellement content que ses prières aient été entendues.

J'ai également été sélectionné pour regarder un match de la Coupe du Monde FIFA en Afrique du Sud. Pouvez-vous l’imaginer ? Le jour d’avant, je faisais les poubelles dans les rues de Bujumbura pour avoir à manger et le jour suivant, je me retrouvais en train de prendre un repas chaud à 30000 pieds au-dessus de la mer dans un avion! C’était électrisant de regarder le match entre le Ghana et la Serbie. J’avais l’impression que les gens à TV land pouvaient me voir et moi également!

J’étudie maintenant à l'université du Burundi et je veux jouer au football professionnel pour aider ma famille. Au Burundi, le football ne nourrit pas son homme. Il faut aussi avoir un emploi. Mon équipe internationale préférée est le Barcelone et je suis inspiré par Lionel Messi et l'entraîneur Tito Vilanova. Au niveau local, mon club préféré est le Vitalo, et j'aime regarder l'entraîneur Saido Ntibazonkiza et le joueur Gilbert Kanyenkore en action.

Copa Coca-Cola a essuyé mes larmes. C'est incroyable de voir comment ce tournoi de football à renforcer la confiance en moi et m'a redonné une raison de croire. Quand j'ai perdu ma mère, je croyais que c’était la fin de la vie. Mais maintenant, j'ai une deuxième chance. Je peux avoir un brillant avenir, et je suis confiant que je l’aurai. Je pratique le sport que j'aime et je vie avec mon oncle et sa famille. Il est mon fan numéro un.                       

Je n'ai pas revu papa depuis que je suis parti de la maison, mais j'aimerais le revoir et partager l'amour qu'il ne m'a pas donné. Si seulement il pouvait me voir maintenant.